Architecture

Les 4 galeries, les escaliers et leurs portes


Le Borobudur est une masse carrée d'à peu près de 115 m de coté pour une hauteur de 30 m. L'ensemble serait composé de plus 1.600.000 blocs d'andésites.

Au-dessus de la base cachée et du soubassement rapporté apparaissent 4 séries de galeries qui suivent le plan carré à projections axiales de la base. Ces galeries superposées sont de dimensions décroissantes au fur à mesure qu’elles s’élèvent. Elles sont en retrait d’environ 2 m les unes par rapport aux autres. 

Ces 4 gradins de la pyramide sont pourvus de parapets si hauts que le pèlerin se trouve totalement isolé du monde extérieur. Son regard ne peut apercevoir ni l’extérieur ni la galerie immédiatement supérieure, et ce jusqu’à la dernière terrasse carrée, supportant les 3 terrasses rondes du sommet.




Les faces extérieures de ces 5 balustrades sont ornées de niches. Chacune de ces niches, destinée à contenir une image du Bouddha, a une ouverture en arche surmontée d’un pinacle à 3 pointes pour la 1e galerie, et de 3 petits stupa pour les autres. Entre chacune de ces toitures, l’espace est occupé par un petit stupa, stupika.




Des panneaux sculptés, des scènes en bas-relief recouvrent la face intérieure des parapets des 4 premières balustrades, ainsi que les contremarches ou murs qui leur font face. Pour le mur de la 1e galerie, ces panneaux sont souvent disposés sur 2 registres superposés.

La face intérieure de la 5e balustrade, la plus élevée ne comporte aucune décoration, faisant partie comme les terrasses rondes, du monde sans forme.

1.300 panneaux de bas-reliefs décorent la face intérieure des balustrades et les contremarches des terrasses carrées, et s’étendent sur une longueur totale de près de 2.500 m, recouvrant une superficie murale d’environ 1.900 m2. 


1.212 panneaux intermédiaires ou frises sculptées, à fonction décorative, séparent chaque panneau de bas-relief. A eux seuls, ils couvrent une surface de 600 m2.




A la base de toutes les galeries, existent des conduits d’écoulement des eaux traversant les balustrades. Ils se terminent par 100 gargouilles. Le sommet des balustrades est orné de 1.472 stupika.

Des escaliers permettent de passer d’une galerie à l’autre. Ils sont ménagés au centre de chacune des faces du monument et traversent toutes les galeries carrées. Une porte ou arche décorée d’une tête de Kala s’élève à chaque niveau. Le Kala est un monstre sans mâchoire inférieure. 

L’ouverture de l’arche symbolise la gueule du monstre qui avale celui qui la franchit. C’est un symbole de la mort et de la renaissance de celui qui, degré en degré, franchit les étapes de la Connaissance.

Chaque départ d’escalier, orné de lions, état identique, le monument ne paraît pas avoir d’entrée principale : il ne peut donc être confondu avec un sanctuaire, mais bien plutôt avec un stupa autour duquel on pratique la circumambulation rituelle.

La façade Est paraît avoir été privilégiée, car c’est à gauche de l’escalier de celle-ci que semblent commencer les histoires contées par les bas-reliefs qui doivent par conséquent être lus en tournant autour du stupa central en tenant ce dernier à main droite, dans le sens des aiguilles d’une montre.










Les 3 terrasses rondes et les 72 stupas ajourés

Une fois franchi l’un des 4 derniers porches des escaliers, tout le système architectural change. On sort d’un univers clos, historié, pour déboucher brusquement à l’air libre dans un espace géométrique dépourvu de toute ornementation. Au centre de la dernière plate-forme carrée, qui constitue le sommet de la pyramide, s’élèvent en gradins successifs 3 terrasses presque circulaires. Les 2 premières se présentent comme des ellipses constituant une transition entre la forme carrée de la plate-forme et le cercle presque parfait de la 3e terrasse.

Ces 3 terrasses circulaires supportent sur leur extrême bord 72 stupa en cloche, aux nombres respectifs de 32, 24 et 16, alignés de manière concentrique. Ces stupa sont creux et leurs parois ajourées, laissant apercevoir à l’intérieur de chacun d’eux une statue du Bouddha. Assis en position du lotus, ces Bouddha font le geste du prêche de la doctrine.

Ces Bouddha sont situés au niveau des cinq plates-formes carrées (Rupadhatu) et sur les plates-formes circulaires (Arupadhatu).


Au niveau Rupadhatu, il y a 432 statues de Bouddha dans des niches sur l’extérieur des garde-corps. Elles sont placées en cercle et leur nombre diminue au fur et à mesure que l’on monte dans l’édifice. Au niveau Arupadhatu, on dénombre 72 Bouddha se trouvant dans des stupas perforées.



A la première vue, toutes les statues de Bouddha semblent similaires, mais il y a des différences subtiles au niveau du mudra, la position des mains. Il y a cinq groupes de mudra: nord, est, sud, ouest et zénith ou centre, qui représentent les cinq points cardinaux du mahayana. Les quatre premiers garde-corps ont les quatre premières mudra cités correspondant à leur orientation sur le site.

Les statues dans les stupas, dans les plates-formes supérieures ont, elles, le mudra du zénith ou du centre. Chaque mudrâ représente l’un des cinq dhyani bouddhas, chacun ayant sa symbolique propre. 

Au nord, Amoghasiddha, fait le mudra Abhaya ou le geste de « l’absence de crainte » ; Au sud, Ratnasambhava, le mudra Vara ou le geste du « don de soi » ; A l’ouest, Amitabha, le mudra Dhyana ou le geste de la « méditation » ; à l’est, Akshabya, le mudra Bhumisparsha ou le geste de « la prise de la terre à témoin » et au centre ou au zénith, Vairochana, le mudra Dharmachakra ou le geste de mise en marche de « la roue de la Loi ».





L’ultime stupa

Dominant l’ensemble du monument, le stupa central dresse vers le ciel sa masse imposante. Il est l’achèvement du Borobudur, le point ultime vers lequel tout converge.
Situé au centre géométrique de celui-ci sur la dernière des 3 terrasses circulaires du sommet, il mesure environ 11 m de diamètre pour une base de 14 m, et une hauteur, sans sa flèche, une base, de près de 10 m. 

Le corps même du stupa est constitué par un cylindre que limite vers le haut un bandeau en relief large. La frise qui ceinture le pourtour du corps du stupa est décorée de rinceaux sculptés en bas-relief, et une étroite guirlande court tout au long de sa partie inférieure : ce sont les seuls décors du stupa.

L’ultime stupa est vide, il n’y a rien. Une légende dit qu’il contenait la statue d’une Bouddha inachevé car, à ce stade, le Bouddha a toutes les formes et n’a plus de forme.